AccueilIN AFRICAPARLONS UN PEU DE DISCRIMINATION NUMéRIQUE...

Parlons un peu de discrimination numérique...


Publié le 14/12/2017

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L'Afrique est certes en pleine bourre digital mais elle demeure encore bien oublié dans certaines contrées par forcément reculées...

 

Il est très fréquent pour nous mauritaniens de faire face à ce que l’on peut appeler sans exagération de la « discrimination numérique ». Pourquoi n’avons-nous pas accès à certains services qu’offrent les mastodontes du web ? De la certification de comptes sur les réseaux sociaux à la monétisation de sa chaîne Youtube en passant par l’accès à certaines applications mobiles… On en bave. Dernièrement dans le cadre d’un programme de Slice up, on a peiné à avoir la version premium du logiciel de montage vidéo sur mobile « KineMaster ».

 

Capture d’écran de l’échange de Slice up avec KineMaster sur Twitter

 

 

Je vous raconte l’histoire. J’ai l’opportunité de participer pour la seconde fois à une formation sur le journalisme et le digital. Pour cette session, l’équipe de Slice up, composée de Nicolas Baillergeau, Richard Folly et Elsa Miské nous forme sur le journalisme mobile. Il s’agit d’abord de nous outiller (smartphone, trépied, micro cravate…) et ensuite nous initier au tournage, montage et diffusion de reportages avec un smartphone. Pour monter les vidéos avec une qualité professionnelle, l’équipe de Slice Up a jeté son dévolu sur l’application KineMaster. Il fallait juste régler un détail : nous doter de comptes professionnels KineMaster.

 

Mais ce qui, à première vue semblait, être une simple formalité, s’est avéré être un véritable casse-tête. L’activation de l’option premium pour l’application en Mauritanie était tout simplement impossible. Pour comprendre ce qui se passe, Slice Up a écrit à KineMaster, sur Twitter (capture ci-dessous). Au début, le constructeur ne savait pas vraiment d’où venait le souci. Au final, on s’est rendu compte que c’est Google qui bloque cette option. Pour X raison, le géant américain a décidé que nous mauritaniens n’avons pas droit à la version professionnelle de KineMaster. Ce qui est une discrimination pure et simple.

 

 

Tous ne sont pas mauvais

 

Heureusement pour nous, le constructeur coréen de l’application a été suffisamment compréhensif et généreux pour accorder les licences différemment. Généreux parce qu’il a du faire des heures sup’ au bureau pour trouver une astuce et activer nos comptes KineMaster pour un an. Et ceci entre en droite ligne avec son slogan sur Twitter : « made for professionals and easy for everyone ». Avec ce geste qui indirectement met une claque à la politique discriminatoire de Google, KineMaster a montré la voie à suivre. Naturellement, l’équipe de Slice Up leur a adressé un message de remerciement sur Twitter.

 

 

 

 

C’est un ouf de soulagement et la session de coaching a suivi son cours. Mais avant de tourner la page de cet épisode riche en enseignements, nous (formateurs et participants) avons fait une photo dédicace au constructeur coréen. Un merci qui n’est pas de trop, non ?

 

 

 

 

 

 

J’ai l’habitude de dire qu’internet c’est la société en miniature et les applications, des outils de la vie de tous les jours. Et comme dans une société normale, il y a des inégalités à combattre. Il est grand temps que nos droits à l’accès à tous les contenus web et mobiles soit respecté. On est certainement des millions à avoir au moins une fois eu ce message sur Google Play : « cet article n’est pas disponible dans votre pays. » Pour contourner cette injustice, il y a l’option VPN (pas légale dans certains pays) qui permet de tromper la machine et être géolocalisé ailleurs, et la seconde est de télécharger via navigateur l’APK de l’application.

 

 

Mobilisation

 

Le constant est également le même pour la monétisation de nos chaînes Youtube, certifier un compte Facebook ou Twitter. Nous sommes souvent obligés d’identifier nos comptes dans un autre pays. Il est évident que ces voies de contournement que tout le monde ne connait pas sont une contrainte supplémentaires. Pour pallier cela, mobilisons-nous pour que mettre à bat ses pratiques discriminatoires. Ces inégalités peuvent disparaître s’il y a une réelle volonté. Démocratisons les technologies de l’information et de communication.

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