AccueilBRAND CULTUREET SI ZARDULU NOUS MENAIT EN BATEAU?

Et si Zardulu nous menait en bateau?


Publié le 28/10/2018

Image actu

Créatrice de canulars visuels sur internet, Zardulu ne communique avec les humains que sur twitter. Personne ne connaît son visage. Même, Kelani Nichole, directrice de la galerie Transfer, qui accueille ses œuvres, jusqu'au 1er novembre à New York.

 


Zardulu l’a contactée via twitter. Depuis plus rien. Si ce n’est la décision de réaliser cette exposition intitulée Triconis Aeternis, puis des conversations sur le réseau social, ou des échanges par mail. A titre d’exemple ces phrases qui questionnent tout un chacun : « Le spectre conceptuel entre la vérité et le mensonge n’a jamais été aussi large depuis qu’Internet et sa nature virale existent… ». « Le média est une guerre de mythes, dont celui qui est le plus fort et le plus convaincant sort vainqueur. »

 

 

Qu'aurait fait André Breton de l’espace Internet…

 

Puis elle s’interroge sur ce qu’André Breton aurait fait de l’espace Internet… L’art du canular médiatique n’est pas nouveau, et ses artistes anonymes ou non, s’en servent comme outil de contestation à opposer à une communication de masse depuis plus de 60 ans. Dans les années 60 Les situationnistes font la guerre au mainstream, dans les années 80 la culture jamming détourne le fonctionnement des medias de masse à son avantage (art du sabotage). Le mouvement subversif italien Arte Povera prétend lui aussi résister à toute tentative d’appropriation en ignorant l’objet artistique fini et son identité.

 

 

Banksy détruit à distance, son propre tableau

 

Et l’on ne peut s’empêcher de voir dans l’acte de Banksy, qui détruit à distance, son propre tableau, La fille au ballon, lors de la vente qui s’est récemment déroulée chez Sotheby’s une attitude qui se fout du capitalisme de même acabit. Certains se demanderont : vaut-il plus aujourd’hui alors qu’il n’existe pas ? Moins ? Une chose est sûre, il est devenu le temps de cet autodafé, l’œuvre la plus célèbre au monde.

 

 

Un rat qui traîne une part de pizza fait plus de 10 millions de vues

 

Zardulu, elle, propose la viralité comme unique media… Elle fait une photo en Floride d’un raton laveur chevauchant un alligator et la diffuse. Une  vidéo de rat qui traîne une part de pizza dans une rue de New York fait des millions de vues. Un poisson-chat à trois yeux qu’elle lâche de façon anonyme dans la jungle virtuelle cartonne… C’est ça Zardulu. Et ça aiguise les curiosités. Alors évidemment à l’heure où l’objet se bat avec le virtuel, l’éphémère, l’événementiel, elle s’interroge (nous interroge) sur l’illusion, l'art, et les medias. 

 

Le Zardulisme, un phénomène unique.  Ou une vaste fumisterie ? 

 

Guernica de Picasso ou la photo du monstre du Loch Ness. La victoire de Samothrace sur les marches du Louvre ou le premier déguisement de Bigfoot dit aussi sasquatch, créature légendaire qui vivrait au Canada et aux Etats-Unis? Les publicitaires ne s’y sont pas trompés, qui cherchent désespérément l’idée qui fera le buzz grâce au remix, au mashup vidéo, au hacking, au slashing, au piratage radio et télévisé, aux contre-surveillances vidéo. Mais il ne faut pas s’y tromper, cette alchimie n’est pas rationnelle. Et le Zardulisme, un phénomène unique. Magique? Ou une vaste fumisterie ? A suivre…

 

Vue plus de 10 millions de fois, cette vidéo est attribuée à Zardulu, artiste du canular et du détournement sur le web

 

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