AccueilIN AFRICADE JEUNES ARTISTES KENYANS SE MOBILISENT POUR LEUR PAYS

De jeunes artistes kenyans se mobilisent pour leur pays


Publié le 15/06/2018

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Dans le cadre des élections présidentielles kenyanes de 2017, l’entreprise Unga Wa Dola a lancé une campagne digitale destinée aux jeunes artistes du pays. L’objectif ? Unir la jeunesse kenyane autour de l’art avec un grand A pour réaffirmer des valeurs démocratiques trop souvent attaquées. 

 

Le 8 juin dernier, la célèbre présentatrice américaine Ellen Degeneres était sévèrement taclée sur le Net pour avoir véhiculé une vision… comment dire… très colonialiste du Continent africain. En cause, une photographie postée durant un voyage au Rwanda, où elle s'affichait fièrement à coté d’enfants noirs mal nourris. Véhiculant une idée vieille comme le monde : celle du « sauveur blanc » venu redresser un continent en proie aux guerres, aux maladies et à la pauvreté. 

 

Or, tout n’est pas négatif en Afrique et il existe d’énormes disparités entre chaque pays. Bon nombre de personnes -connues ou pas- essayent de changer cette vision dégradante et paternaliste qu’en a l’Occident, et des initiatives telles que « Art for Peace » démontrent le potentiel créatif d’un continent qui grandit à tout allure. 

 

 


 

Le Kenya célèbre ses artistes 

 

Unga Wa Dola, l’un des leaders de l’agroalimentaire kenyan, a élaboré en 2017 une campagne qui fait la part belle à l’héritage culturel local en mettant en avant les artistes du cru. Intitulé « Art for Peace », elle sublime la culture kenyane avec un grand C, et l’affirme comme le liant essentiel d’une société civile souvent divisée. Avec en point d’orgue une accroche sans équivoque : « Rejoignez une nation d’artistes et de pacifistes ». Lancée en 2017, l’opération vient tout juste de décrocher un Silver dans la catégorie digital de l’African Cristal Festival. Chapeau l’artiste.

 

 


 

 

L’art pour soigner la démocratie 

 

Cette campagne made in Kenya part d’un constat implacable : la plupart des élections kenyanes sont suivies d’actes de violence et de rébellion. Comme en témoignent ceux de 2007/2008 qui ont frappé sévèrement le pays, tuant 1100 personnes et faisait fuir 650 000 autres. L’objectif était donc que celle de 2017 se déroule dans la plus grande harmonie possible. 

 

La recrudescence de ces révoltes est à attribuer au développement des réseaux sociaux. Les jeunes, qui sont très actifs sur ces plateformes et qui constituent 75% de l’électorat, sont souvent les cibles et les auteurs de propos haineux en période électorale. L’écosystème numérique est alors constamment alimenté de contenus provocants et les internautes n’hésitent pas à exprimer librement leur rivalité tribale et politique.

 

Unga Wa Dola, de par son héritage familial, estime le « vivre ensemble » comme condition essentielle d’une société kenyane coexistant paisiblement. Elle a donc incité cette jeunesse connectée à répandre un message pacifiste sur la sphère sociale et enrayer cette spirale négative qui pollue les élections.

 

 


 

La jeunesse sous un seul et même drapeau artistique

 

Pour y arriver, la marque a sollicité les jeunes artistes de son pays pour en faire ses « ambassadeurs de paix ». Elle a lancé sur les réseaux sociaux et sur un site dédié un grand concours afin qu’ils lui proposent des oeuvres véhiculant ce message de tolérance. Un spot vidéo avec un call to action, qui met en scène la diversité culturelle et les talents locaux, a été posté sur le site. 

 

Quand on observe, en chiffres, les résultats de cette campagne, on comprend la reconnaissance dont elle a fait preuve. En 6 semaines, elle a atteint plus de 7 millions de jeunes Kenyans et engendré 51000 visites sur son site. En tout, plus de mille oeuvres ont été proposées par une jeunesse aussi créative qu’engagée. L’unité est plus que palpable. Un nouvel exemple que l'acte artistique est avant tout un acte politique. Jeunes gens, à vos pinceaux, vos caméras et vos stylos !

 

 

 


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