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La culture Touareg : une source d'inspiration


Publié le 14/12/2017

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Destinée à faire découvrir la culture et l’identité de ce peuple du désert saharien, le musée des Confluences à Lyon met en lumière l'identité forte d'un peuple qui inspire les artistes du monde entier...

 

Il existe dans les sables du désert du Sahara un peuple fier et fort qui depuis des siècles fascinent les voyageurs, les explorateurs, les artistes : les Touaregs, aussi appelés les Nomades du désert ou encore Hommes Bleus (surnom qui vient du taguelmoust, ce voile indigo les protégeant des sables et qui à lui seul traduit une partie de leur identité : l’absence d’ostentation, le désir de ne pas livrer ses émotions). « Quand le musée des Confluences a reçu en donation en 2015 de Jean Burner, au nom de l’association Masnat dont il est président, une collection de 453 bijoux et amulettes Touaregs (principalement en provenance du Niger) qui sont venus compléter une collection ancienne de cuir et bois du musée, nous avons décidé de consacrer une exposition aux Touaregs » explique Marie Perrier, chargée des collections du musée des Confluences « Mais, ce qui nous intéressait était d’aller au-delà des clichés et des stéréotypes, de valoriser l’esthétique Touareg, au travers de l’artisanat, l’orfèvrerie, mais aussi de la poésie, de la musique et montrer comment cette identité si forte et si particulière évolue tout en conservant ses codes esthétiques et est devenu aujourd’hui une source d’inspiration pour des créateurs occidentaux ».

 

 

Une identité forte

 

Estimée entre 1,5 million et 3 millions d’individus, la population Touareg vit sur un territoire qui couvre 2,5 M de km2 au cœur du Sahara s’étendant sur 5 pays africains (Algérie, Niger, Mali, Lybie, Burkina Faso) et bien que dispersée, possède une identité forte qui fédère les différentes régions. « Ce qui frappe dans l’identité Touareg est cette volonté de se montrer le plus noble possible. Etre Touareg, c’est accorder de l’importance à l’image que l’on renvoie, à l’élégance, à la beauté. Au-delà de la simple apparence, l’esthétique est une expression de l’identité et des valeurs culturelles touaregs », souligne Marie Perrier. D’où des codes esthétiques qui se traduisent par la sobriété (la pudeur et la simplicité incarnent pour les Touaregs un idéal de perfection), la symétrie, la géométrie des volumes (carrés, triangles, losanges), une palette de couleurs réduite (rouge, vert de Kano, indigo), l’art du mouvement hérité du nomadisme des Touaregs (franges, bijoux articulés comme le shatshat, collier que porte les jeunes filles et qui doit son nom au bruit de ses pendeloques qui s’entrechoquent). « Tout en perpétuant ces principes, les artisans Touaregs s’en affranchissent aujourd’hui aisément pour en jouer à leur guise en se nourrissant des savoir-faire et des modes extérieurs », explique-t-on au Musée des Confluences. Mais toujours dans une quête d’harmonie, une harmonie que l’on retrouve aussi dans la poésie Touareg et dans la musique. Rappelons que la scène musicale contemporaine Touareg est particulièrement active : certains groupes de comme Tinariwen, Kel Assou ou Bombino ont acquis une renommée international.

 

 

 

 

Une source d’inspiration pour les créateurs occidentaux

 

L’exposition s’attache également à montrer comment l’esthétique touarègue nourrit aujourd’hui l’inspiration des créateurs occidentaux. Cette quête d’harmonie, d’élégance et de sobriété a séduit des créateurs occidentaux qui s’inspirent du style Touareg et font travailler des artisans et forgerons Touaregs. C’est le cas d’Ombre Claire, une ligne de bijoux éthique lancée par Aude Durou, fille de Jean-Marc Durou, grand reporter qui a beaucoup travaillé au Sahara. Elle travaille en étroite collaboration avec les artisans Touaregs, leur présentant des idées de motifs ou de bijoux, et laissant ces derniers lui apporter leurs suggestions et créativité. Cotelac, une marque française de prêt-à-porter, très attachée au travail du cuir, présente chaque année une ligne de sacs « Touareg ». Quant à Hermès, qui a prêté 11 pièces au Musée des Confluences pour cette exposition (bracelets argent et cuir, pochette cuir et métal, ceintures avec la fameuse bouche H52 en argent martelé, carré « Cuir du Désert »…), la Maison a depuis longtemps été séduite par l’esthétisme Touareg et les valeurs de cette culture, déclinés au fil du temps en carré, en bijoux, en maroquinerie. « Les objets prêtés par Hermès, Ombre Claire ou Cotélac sont la preuve que ces créateurs ont su se réapproprier le style, mais ne se contentent pas d’en faire un modèle. Le savoir-faire des artisans et forgerons Touaregs autant que leur capacité à répondre aux exigences des plus grandes marques témoigne de la valeur de leur technique », explique Marie Perrier.

 

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